Manifeste incertain 7

Von: Frédéric Pajak

Das neue «Ungewisse Manifest», der siebte von neun geplanten Bänden, ist der Lyrik von Emily Dickinson und Marina Zwetajewa gewidmet. Die beiden Dichterinnen lebten zu verschiedenen Zeiten an verschiedenen Orten, aber beide liessen den Autor und Zeichner, wie er sagt, die Realität intuitiver, gewaltiger und intensiver erfassen und verschafften ihm einen Zugang zu der Seele der Welt wie auch zur Seele derjenigen, die gelitten haben auf der Suche nach ihrer eigenen Wahrheit. Aufgrund vieler Lektüren und einer Reise nach Russland widerspiegelt das gezeichnete und geschriebene Buch das Singuläre und das Universelle zweier faszinierender Schicksale. Dabei regt es zum Nachdenken an über die Gründe jeder künstlerischen Suche. (cg, Übers. rg)

Nous partons virtuellement pour le Massachusetts et voyageons réellement en Russie – à Saint-Pétersbourg, à Moscou, à Kazan, à Samara, à Koktebel, à Yalta. Ce septième volume est consacré à deux poétesses majeure : une Américaine du XIXe siècle et une Russe de la première partie du XXe siècle. Emily Dickinson et Marina Tsvetaieva n’ont apparemment pas grand-chose en commun. La première reste recluse chez elle, à Amherst, dans la vallée du Connecticut, tandis que la seconde, née à Moscou, étudie à Nervi, Lausanne et Paris; contemporaine de la révolution d’Octobre, elle séjourne à plusieurs reprises en Crimée, avant de s’exiler en 1922 à Berlin, puis en Tchécoslovaquie et en banlieue parisienne. En 1939, elle retourne en Union soviétique où elle se suicide deux ans plus tard. À travers les vies héroïques de ces deux femmes, le livre évoque deux aventures littéraires qui ont survécu à l’indifférence, à l’hostilité, voire à la censure. Femmes, elles ont refusé de se plier aux convenances et aux procédés du genre poétique, faisant preuve d’une inspiration existentielle à la fois féminine et universelle. Formellement, rythmiquement, métaphoriquement, elles ont bousculé l’ordre littéraire pour imposer un art poétique nouveau. Ni Dickinson ni Tsvetaieva n’ont douté de leur postérité, convaincues que leur œuvre, surgie du plus profond de leur être, entrerait un jour dans la grande histoire de la poésie moderne. (Présentation du livre, éditions Noir sur Blanc)