«J’aurais aimé me dire que ce n’était finalement pas si grave. J’aurais aimé ne pas leur en vouloir.» De la natation à la performance artistique, l’autobiographie d’un corps qui souffre, résiste et se dépasse.
En 1982, une jeune fille est en train de courir. Elle court et dans sa tête il y a du bruit. Les injonctions de son entraîneur, la chanson du film Fame, des mantras étranges sur la torsion de ses phalanges et la longueur de ses cheveux. Avant la course il y a eu la natation puis la gymnastique. Et pendant ce temps, à la télévision, les corps de Nadia Comăneci, de Super Jaimie, de Véronique et Davina indiquent des possibilités de mouvement, de pouvoir et d’extase. Mais il y a aussi les larmes et cet insupportable échec de la médecine triomphante qui transforme une tache de naissance sur la cuisse en un massacre chirurgical. Un traumatisme face auquel il faut faire bonne figure pour rester dans son club, avec les autres. «Effort, volonté, ténacité, dépassement de soi.»
Avec *Zone disputée*, Céline Masson compose une autobiographie avec des fragments de souvenirs, de documents et une bouleversante correspondance avec sa mère. C’est le récit de la reconquête de son corps tel qu’il a survécu et a trouvé son équilibre à travers les gestes, les images, le sport, la médecine et la mode que lui a imposés un coin de campagne vaudoise dans les années 1970 et 1980.
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