«Je ne l’ai pas inventé: c’était dans le journal et qu’on ne vienne pas me dire que les journaux racontent n’importe quoi, parce qu’une histoire pareille ça ne s’invente pas. La seule chose sur laquelle ont brodé journalistes et enquêteurs, c’est la cause du décès. L’hypothermie, la dépression et la médecine, une fois n’est pas coutume, n’y étaient pour rien. L’homme est mort parce qu’il avait fait ce qu’il avait à faire et n’avait plus aucune raison de continuer à vivre, comme ces bourdons qui meurent après avoir fécondé une reine. Il voulait voler, il a volé et il est mort. C’est le destin qu’ont connu beaucoup de passionnés d’aviation avant lui, sauf qu’il est le premier à avoir fait voler un fauteuil de jardin.»
«J’aime les histoires. En écouter, en lire, en rapporter. Encore et encore. Toute existence humaine n’est-elle pas faite de mots? Je les aime tellement que je suis jaloux de ceux qui en connaissent de nouvelles et que j’envie ceux qui auront la joie de découvrir celles que je connais déjà. Elles disent à leur manière le mystère ou la force du vivant et j’apprécie, dans la construction du récit, ce doux arbitraire du langage qu’on impose à la vie pour l’exprimer, comme on referme les doigts sur ce qu’on aime.»