Villa Royale

Von: Emmanuelle Fournier-Lorentz

Nach dem Selbstmord ihres Vaters ziehen Palma und ihre Brüder im Frankreich der 1990er Jahre in weniger als fünf Jahren über zwanzigmal um – je nach den befristeten Stellen der Mutter auf ihrer ständigen Flucht vor dem Kummer und den Schulden. Villa Royale lebt von der bald melancholischen, bald aufmüpfigen Stimme der Erzählerin, die sich an der Schwelle zum Erwachsenwerden an ihre «abnormale» Kindheit erinnert und dabei den hartnäckigen Zusammenhalt der nach einer allzu frühen Begegnung mit dem Tod und der Entwurzelung auf sich selbst gestellten Geschwister feiert. Die Beziehung zwischen den Brüdern und der Schwester wird nicht idealisiert, sondern in ihrer ganzen Ambivalenz geschildert, samt regressiven oder gefährlichen Spielen, Heimlichkeit und Schelmenstreichen. Titel wie auch Thematik lassen an Modiano denken: die verlorene Jugend, die Archäologie der Erinnerung, die Suche nach der Identität. (ald Übers. rg)

« Parfois, des voisins nous regardaient par-dessous un rideau soulevé à la va-vite. Charles leur faisait des doigts d’honneur, moi un sourire gêné, ma mère ne les avait même pas vus. Et après ces centaines de kilomètres à traverser la France, nous étions tous les quatre plantés sur le trottoir, à attendre l’agent immobilier qui viendrait nous ouvrir. Ma mère fumait une cigarette en silence, et je la regardais en me disant toujours que la seule raison qui pouvait expliquer cette enfance anormale, c’était qu’elle soit agent secret. » Alerte et singulier, ce premier roman nous plonge dans la vie nomade d’une fratrie soudée, nous fait partager les interrogations, les révoltes et les sarcasmes de trois enfants peu ordinaires. Emmanuelle Fournier-Lorentz décrit avec finesse le deuil de l’enfance et le souvenir des lieux qu’on a quittés, donnant à ce roman un ton aussi doux qu’espiègle. (Gallimard)