Un samedi au club

Von: Laurent Schlittler

« Les Clages »: village pimpant d’une périphérie un peu guindée, avec ses commerces de bouche, sa halle fermière, son skatepark et son club de tennis. « La copropriété des Rosiers »: lotissement de douze villas qui surplombent les quatre courts du tennis-club des Clages à la manière d’un deuxième public. C’est dans ce cadre qu’*Un samedi au club* inscrit son récit polyphonique explorant le microcosme d’un petit club de sport amateur. Construit sur un ancien terrain agricole, le tennis-club des Clages devient cette scène de théâtre où, au-delà du match qui se joue, se rejouent les maux d’une société gangrénée: maltraitance, sexisme, fanatisme, racisme, mépris, cruauté, vulgarité… Tout y passe derrière le masque enjoué et engageant du club sportif – joie saine, complicité amicale et panoplies colorées faites de trainings fluorescents, de sacs housses avec gros imprimés et de baskets à semelles profilées. Le parti pris du texte n’est pas de problématiser ou de dénoncer ces « travers » mais de les considérer comme la toile de fond à partir de laquelle le club sportif et sa communauté sont envisagés. Nous suivons ici Brian Gollo – quarante ans, contrôleur de bus, joueur débutant, célibataire – lequel, un samedi caniculaire, joue le premier match du premier tournoi de sa passion récente, le tournoi des Non-Classés. Isolé au sein du club, isolé dans la vie, il sent que ce match est le match de sa vie: quitter le statut de joueur débutant, devenir un membre à part entière, enfin gagner l’estime de ses pairs. Mais aussi, simplement, se faire des amis, et peut-être, qui sait, trouver une amoureuse. (Hélice Hélas)

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