Sous l’aile des abeilles

Von: Sophie Morandi

Sous l'aile des abeilles ist ein zweistimmiges Buch, mit einer poetischen und mit einer malerischen Stimme. Von der einen bleibt nur noch eine Spur: die Malerin Isabelle Chossis ist mit 41 Jahren an Krebs gestorben. Die andere Stimme, die der Dichterin Sophie Morandi, erhebt sich, um auf diesen lebendigen Seiten eine Art berührendes Zwiegespräch aufzunehmen, das sich allmählich zu einem symbolischen Schwarm verlangsamt. Ein Schwarm, der welchen Honig hervorbringt? Getauschtes Gemurmel, anhaltender Gesang, ausgestossener Schrei auch.

Sous l’aile des abeilles

peintures d’Isabelle Chossis

> Ton rêve d’un autre ventre > pour l’aube de tes jours. > Et dans la hâte, > un bol du lait de la terre. > Nos ventres, nos mains, nos coeurs. > Puis mon coeur seul: > mais toi      au fond      toujours Ce livre est une histoire d’amour entre celle qui peint et celle qui écrit. Il n’y a qu’une voix qui parle mais l’autre, l’absente – la muette – est toute présence: un silence irradiant. Elle est dans ses images et nous parle à travers ses couleurs. Leur histoire, même si c’est en différé, c’est ensemble qu’elles la racontent D’un côté, des textes courts qui ne décrivent pas les peintures – ce ne sont pas des légendes – de l’autre, des images qui n’illustrent pas les poèmes. Dialogue alors? chant et contre-chant? Oui, mais aussi quelque chose de plus mystérieux puisqu’il n’y a qu’une voix pour les deux. Au moment où Sophie écrit, la voix d’Isabelle s’est tue. Prononcez très vite sous _l’aile des abeilles_, et vous entendrez peut-être «sous l’aile d’Isabelle», réplique du nom, écho suscité par le désir et le manque de l’autre. Ainsi, l’anagramme joue avec l’oreille dans une sorte d’hallucination clandestine, bienfaisante: entendre _le prénom_, tressaillement de bonheur. Présence miraculeusement rendue.

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