Des mots se cherchent sur les lèvres d'un poète et les voix qui se croisent tout au long de ce recueil, celle du père, celle du fils, ne sont pas une source d'inspiration parmi d'autres. Elles ne sont pas non plus d'intimes émotions dites. Elles sont le dire lui-même.
Ainsi les poèmes de Julien Burri, énoncés dans la solitude où jaillit l'oeuvre, ne se referment jamais sur eux-mêmes. Non. Ils accueillent la douleur, le timbre particulier des souvenirs, les obsessions, la neige, les cendres. Ils accueillent les mouvements qui font et défont les éclats, les fragments d'un univers intime, mais sous la haute surveillance de celui qui, laissant place à la parole, le fait avec l'exigence de la dignité, de la pudeur, de la sobriété.