Seul en son bois, dressé noir

Von: Mary-Laure Zoss

Mary-Laure Zoss’ neuntes Buch wird von Werken des Künstlers Fahrad Ostovani begleitet und enthält, wie die vorherigen, dichte Prosablöcke. Er macht die Sprache in ihrer organischen und die Umwelt in ihrer sprachlichen Dimension erfahrbar, denn aus letzterer lassen sich zeitlose Stimmen vernehmen. Das Gefühl eines unwiederbringlichen Verlusts beseelt den Band, der dadurch eine heftige Melancholie verströmt – umgekehrt aber beobachtet er, was in der Natur, wie auch in der Sprache, der Zerstörung widersteht und sich erneuert. (cg Übers. rg)

Œuvres de Farhad Ostovani

La ruine lente, les craquements, les pourritures. Ce qu’elles abritent de vent et d’eau croupie, parfois de lumière aussi. Le temps œuvre et dilapide, mine lentement. L’âge déconcerte aussi les arbres. Ils vivent, croissent, puis soudain penchent, lentement s’écroulent, démantelés de l’intérieur, fissurés par les années, ou bien tranchés, abattus franc, dans la hâte des scies, des haches. Peu de formes du vivant, si l’on y songe, incarnent aussi éloquemment les âges successifs de la vie : jeunes pousses, adolescents graciles, sujets de pleine maturité, ancêtres chenus. Ce sont ces derniers surtout qui habitent ce recueil de Mary-Laure Zoss. On parlerait ici imprudemment de métaphore. On ne sait plus trop comment circulent ici la voix, l’image, ni dans quel sens. Ce serait plutôt comme un même murmure entremêlé, celui des vieux fûts qui dialoguent encore avec le ciel, de la vie en nous plus ou moins accordée à ses destins – une heure, un lieu –, du verbe qui croît ou s’exténue. Forêt de la langue, clairières au creux de soi issues de coupes claires où s’élèvera demain la sève, la nouvelle, vastes houppiers aperçus dans le lointain, minces ramures effleurant la phrase, copeaux, sciure de nos présences à même la terre qui nous est échue. (Editions Fario)