On voudrait avoir la légèreté d’un papillon – Tabac d’Espagne ou Demideuil – pour effleurer ce texte sans le déflorer. Sans décider d’une clé de lecture parmi les multiples possibles.
Récit? Suite de proses poétiques? Roman bref? Sibylle Monney a préféré le considérer comme un poème, au singulier.
Ode aux quatre éléments? Ou décor de roc, de neige, de lac et de ciel, voire de métal et de béton, dans lequel évoluent une poignée de personnages bien découpés: un grand-père, une grand-mère, un père, un enfant et son frère. Au milieu d’objets à la fois familiers et symboliques: une lessive suspendue, un pont, un tracteur, une boîte d’allumettes.
On pense à ces images de jadis où le chat, le soldat ou la jeune fille sont cachés dans l’arbre. Mais qu’est-ce qu’on cherche ici qu’on voit partout?
Qui, plutôt?
Enigme tendre et poignante. Servie par une écriture nette et dépouillée, efficace, pointée comme une caméra.
Premier livre d’une auteure pas pressée qui a pris le temps de travailler sa voix et de la laisser mûrir.
(Denise Mützenberg, Editions Samizdat)