Onna Maria Tumera ou les ancêtres

Von: Leo Tuor, Übersetzung: Walter Rosselli

In Onna Maria Tumera ni ils antenats, von Walter Rosselli brillant auf Französisch übersetzt (Deutsch von Peter Egloff im Limmat Verlag, 2004), zeichnet Leo Tuor das scharfsichtige und originelle Porträt eines Kindes, das später Schriftsteller wird. Er lässt farbige Figuren aufleben, die diese Kindheit prägten, mit Geschichten und Ereignissen, die ebenso verstörend wie banal sein können. Besondere Momente und Erinnerungen tauchen als Fragmente auf, fantastisch und meditativ. Diese Figuren – die eindrückliche Urgrossmutter, der einarmige Grossvater mit seiner ganz persönlichen Philosophie und literarischen Bildung und andere mehr – bevölkern ein abgelegenes Bündner Dorf. Erwachsen geworden, gedenkt das frühere Kind mit Humor und Ironie der Vorfahren, aus deren Leben das seine noch immer schöpft. Das Buch überzeugt mit intellektueller Aufrichtigkeit und Sensibilität. Kaum beendet will man es von neuem beginnen, um den Inhalt ganz auszukosten, aber auch das hart verdiente Vergnügen, in diese eigenartige  Klangwelt einzutauchen. (fd, trad. rg)

Onna Maria Tumera ou les ancêtres
Oria, la très vieille arrière-grand-mère, est dans son lit, étendue sous des draps lourds, le nez au plafond, elle ferme les yeux durant de longs moments. […]      Le gamin est sur le pas de la porte, il se couvre un œil d’une main et cligne de l’autre, jusqu’à ce que sa vision soit floue, pour qu’il puisse mieux rêver. Il imagine qu’il n’y a que la tête, là, dans le lit. Lorsqu’ il a assez rêvassé, il voit Oria entière sous les draps, mais avec la tête d’une louve sous la coiffe. Puis Oria devient verte, le nez s’allonge et s’aplatit, prend l’allure d’une énorme musique à bouche, et de petites dents dépassent sur les côtés, comme si elle riait.      Oria est un crocodile à la coiffe de mère-grand.      La vieille ouvre les yeux et demande : «Gamin, tu fais quoi?» Alors il raconte, et elle est impressionnée par son descendant. (Leo Tuor, _Onna Maria Tumera ou les ancêtres,_ traduction du sursilvan de Walter Rosselli)