Mes deux béquilles

Von: Yves Berger

Mes deux béquilles fasst in schlichten Versen die Spanne, die uns hält und die wir halten, diejenige unserer aller Zerbrechlichkeit. Als Sterbliche verdanken wir diese Spanne, die wir aushalten müssen, die Schönheit und die Bedrohung, die uns zum Zeichnen und Schreiben treiben, der Vergänglichkeit. Wichtig ist, dass es uns gelingt, die Enttäuschung darüber und den Enthusiasmus, der daraus entsteht, miteinander zu verbinden, die Freude und die Ermüdung. In diesem Sinn ist Mes deux béquilles ein vollendetes Buch.

Mes deux béquilles
«La fatigue nous rapproche des pierres qu'on a retournées il y a si longtemps avant un effondrement.» Le livre part de deux prénoms — deux personnes — amis lointains, perdus de vue peut-être, puis disparus — partis trop tôt comme on dit. Alors, pendant qu'il travaille autour de son village, ou dans les moments creux à l'atelier, Yves Berger note les mots qui lui viennent, dans son petit carnet qui tient dans la poche arrière du pantalon. Phrases éparses, recueillies plutôt que voulues, qui disent les rencontres du jour entre le dedans et le dehors, les pousses de première herbe, ces fruits qu'il faudra bientôt ramasser, et les pensées aux deux «sortis du monde», qui sous terre ne craignent plus la pluie. Quatre saisons passées, le carnet rempli peut quitter la poche pour un coin de table; ses morceaux s'assemblent pour former un chant à mi-voix, ponctué de quelques cris retenus, et accompagné par une série de dessins.