Merci de rien - une bouteille à la mer / Alles für nichts - Flaschenpost

Von: André Vladimir Heiz

Dass es die Geschichte mit einem derart selbst-*bestimmten* Artikel geben soll, ist eine Anmassung der Sprache. Mit ihrer grammatikalischen Verordnung. Mehr als *eine* Geschichte kann aus der Geschichte nicht werden. Auch wenn sie aufs Ganze geht. Im Überflug der lückenlosen Aufzählungen. Immer schön der Reihe nach. *Bestimmt* ist sie einzig durch *einen* Standpunkt der Beobachtung. Durch Ansichten und ideologische Prämissen. Ich lasse mir nicht mehr einreden, die Geschichte erschliesse mir Einsichten in vergangene Gründe und Ursachen. Ich lasse mir nicht vorschreiben, die Geschichte eröffne mir einen Ausblick in die Zukunft. Ich rede mir alles aus. Ich lasse die Geschichte ausreden, bis die Voraussetzungen ihrer Verlaufsform und das logisch-kausale Flickwerk ihrer Herleitungen entlarvt sind. Dadurch wird alles in Mitleidenschaft gezogen, was fadenscheinig Sinn behauptet. Was die Geschichte ausmacht, was Geschichte macht, ist nie die ganze Geschichte. Das offensichtliche Bild trügt. Das Unvollständigkeitstheorem gilt. Gefunden wird nur, was gesucht wird. Die Geschichte ist schwer von Begriff. Que l’histoire – par un article *défini* et si déterminé – puisse donner le la, est une imposture. De la langue. Sur un ordre de sa grammaire étriquée. Que l’histoire transmise se veuille unique et évidente, est un leurre. Toute histoire n’est pas plus qu’*une* histoire. Parmi tant d’autres. Portée par un point de vue et un parti pris. Nourrie par des hypothèses prévenues, par des implications idéologiques. Au fil d’une linéarité fallacieuse. Par une *suite* chronologique qui écarte aveuglement ce qui n’entre pas dans son champ. Et dans sa grille. L’histoire ne m’apprend rien, ne m’éclaire en rien. Je préfère *désapprendre* les causes de l’histoire. Sans effet. Je dissuade l’histoire de prendre la parole à ma place. Pour dire tout et n’importe quoi. Elle n’a rien à m’avancer. Sous son oeil inquisitoire de *tiers instruit*. Je la laisse pérorer pour venir à ses fins. Avec ses mots vils et vains. Quand l’histoire perd sa voix, tous ses préjugés se font jour. Avec sa structure et ses bricoles logico-causales. Aucune pierre ne reste sur pierre. *Tout* est à revoir et à reprendre à zéro. Dans un *autre* sens. C’est insensé ! (André Vladimir Heiz, *Alles für nichts* / *Merci de rien*, Edition Haus am Gern)

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