Fidèle à la voie tracée dans ses précédents recueils, José-Flore Tappy avance, désolée, sur le sol précaire de la planète terre, répétant ses questions précises et dardant sur les êtres, les choses, un regard stupéfait. Faim, froid, pauvreté: pas moyen de s'extraire de cette étroitesse, sinon par l'exécution de quelques gestes quotidiens, solidaires, par d'humbles besognes et une opiniâtre patience. Les poèmes apparaissent dès lors, dans cette errance nocturne, comme autant de haltes haletantes face au vertige de l'immensité, courts et musicaux suspens de la conscience hallucinée, placés sous la clarté cosmique, interrogative et depuis toujours ambivalente de la lune.
_La Dogana_
José-Flore Tappy, _Lunaires_, Genève, La Dogana, 66 p.