Lumières du corps

Von: Valère Novarina

Lumières du corps
«Le temps est la matière du théâtre, l'étoffe à travailler: tissée par les acteurs, par leurs paroles, leurs silences, leurs syncopes, leur retour et leurs sauts, leurs éclipses, leur ralenti et leur précipité. Le temps est une étoffe qu'il faut travailler, coudre et découdre; il faut aller profond dedans, avec les mains, l'aérer, la renverser et l'ouvrir; y percer de nouvelles ambulations, de nouveaux passages non vus… Il y a sur le théâtre un nouveau lieu à voir sur la terre, une autre maison, une autre façon d'habiter ici. On se rassemble pour sortir de la convention admise, de la psychologie ambiante, de l'histoire qu'on croit, de l'homme reconnu. Dans l'espace en face de nous, entre un homme mais c'est un autre animal sur un autre sol. Voici le théâtre où le langage passe en projectiles: des blocs aveugles sont roulés, charriés, des cailloux catapultés, des objets résonnent contre les mots. Vivier des noms. Panique dans la matière. Le langage est anthropogène et rebondit sur les murs.» (Extrait de _Lumières du corps_)