L'Œil de l'espadon

Von: Arthur Brügger

Nach dem seiner Grossmutter gewidmeten Text Ciao Letizia (Encre Fraîche, 2012) veröffentlicht der 24-jährige Arthur Brügger seinen ersten Roman, L’Œil de l’espadon [Das Schwertfischauge]. Es ist eine Anklage gegen die Grossverteiler, Hochburg der Verschwendung und der Ausbeutung des Menschen durch den Menschen. Die Kritik besticht mit ihrem scheinbar leichten, unschuldigen Ton. Charlie, ein junger Naivling, arbeitet in der Fischabteilung eines Warenhauses, und befreundet sich mit Émile, dem Neuen, der für den Abfall zuständig ist, und der eine Fotorportage über die Nahrungsverschwendung plant. Die Lehrer-Schüler-Beziehung zwischen den beiden ist nicht sehr glaubwürdig, doch überzeugen die fesselnde Sicht auf ein vertautes Umfeld und das Sozialdrama, das einen schaudern lässt.  Meisterhaft verknüpft der Roman Charlies unausweichliche Verknechtung und das Erwachen seines Bewusstseins. (mb, Übers. rg)

L'Œil de l'espadon
A 24 ans, Charlie est apprenti-poissonnier au Grand Magasin. Son quotidien a l’aspect moiré des écailles: découpage, évidage, emballage et autres savantes manipulations de la marchandise, nettoyage méticuleux des tables de travail, et puis visites au grand frigo et à la gigantesque poubelle, café et cigarette des pauses avec ses collègues, enfin les clients, les anonymes et les habitués, les affreux et les charmants. Mais Charlie ne veut plus de l’image que lui renvoient Natacha, son patron et les clients : celle d’un gentil, tellement gentil jeune homme. De son côté Emile, grand idéaliste, se trouve confronté, grâce à Charlie, à une réalité plus subtile qu’il ne la voudrait. Non, tous les employés du Grand Magasin ne sont pas des imbéciles englués dans la routine. Un premier roman qui a la simplicité d’une fable et l’intelligente précision d’un bon documentaire. (Présentation du roman, éditions Zoé)