À peine avais-je posé mes affaires dans ma chambre qu’elles étaient déjà recouvertes de la poussière du dehors circulatoire. Une lettre de la banque m’indiquait que mon compte-voyage était vide. C’était en octobre 2003\. Je découpais ma carte Visa, commençais à écrire les premiers jours en Pologne et m’arrêtais au moment où j’étais en train de rêver au bord de la Vistule pour accompagner les enfants chez le dentiste. En allant apporter mes films du Japon à développer chez Karstadt, je croisai Max et Antonia qui m’expliquèrent qu’ils allaient acheter du vinaigre en action. Après plus d’une année privilégiée faite de voyages et de lectures, cela me remettait les pieds sur Terre. Mais comment boucler une boucle qui n’en est pas une? Vie qui spirale. Mieux vaut parler d’aller et retour, de transit. Quelques minutes plus tard, je recroisais Max et Antonia. Ils avaient aussi trouvé des pâtes pour presque rien.
(Yves Rosset)