Le Tapis de course

Von: Michel Layaz

«Pauvre type» («Loser»): diese Beleidigung klingt im Protagonisten von Le Tapis de course («das Laufband», Anm.d.Red.) nach. Sie wurde ihm ohne Aggressivität zuteil, als nüchterne Feststellung, und stürzt ihn gerade deshalb in einen inneren Abgrund: Im Auto beginnt er Selbstgespräche zu führen. Der vierzigjährige Bibliothekar in leitender Stellung klammert sich an das Gerüst eines obsessiv geregelten Lebens: Organisation, Ordnung, Sauberkeit, Lesepensum, tägliches Training auf dem Laufband nach genauer Berechnung der Zeit und der zurückgelegten Distanz. Doch die neue Art des Sprechens bringt den Ich-Erzähler vielleicht den redseligen, aufmüpfigen Zwillingsschwestern in Layaz’ vorangehendem Roman näher. Zusammen mit Deux sœurs (Zoé, 2011) bildet Le Tapis de course ein Diptychon über Flexibilität und Starrheit der Sprache. (mr, Übers. rg)

Le Tapis de course
«J'ai hésité à lui envoyer un coup de poing. Mon bras s'est raidi, dur comme une barre à mine. Le garçon en face de moi avait un visage blanc et des cheveux noirs qui partaient par mèches dans tous les sens. Jamais personne ne m'a traité de _pauvre type_. J'ai imaginé mon poing comme un éperon aller s'enfoncer dans la chair de cette tête indolente et parfumée tout en sachant que je ne frapperais pas. L'insulter, le menacer, oui, cela j'aurais pu le faire, cela je sais, je trouve sans peine des sobriquets pour offenser mes semblables, pour réduire une personne à un surnom qui lui collera aux tempes et aux fesses.» Michel Layaz, _Le Tapis de course_