La Trinité bantoue

Von: Max Lobe

Nach zwei vielbeachteten Büchern (L’Enfant du miracle, Éditions des Sauvages und 39 rue de Berne, Zoé, Preis «Roman des Romands» 2014), setzt Max Lobe seine sprachlichen Experimente fort. Diesmal gibt er das Wort Mwána, einem jungen Mann afrikanischer Herkunft, der in Genf lebt und mit mannigfaltigen Sorgen zu kämpfen hat: Arbeitslosigkeit, Gesuche um Sozialhilfe und Bedürftigenunterstützung, schwere Krankheit der Mutter... Dies alles spielt sich ab vor grossen, fremdenfeindlichen Plakaten, die einen Teil der Bevölkerung mit schwarzen Schafen vergleichen. Mwána weigert sich jedoch, den Teufel an die Wand zu malen. Er lässt lieber Farben sprechen, warme Worte – kurz, sein Herz. (rb, Übers. rg)

La Trinité bantoue
«Ce n’est pas le retard de bus qui m’importe. On a l’habitude de dire de nos cousins éloignés qu’ils sont des gens d’une ponctualité irréprochable. Oui, mais il peut tout à fait arriver qu’ils soient en retard – et bien en retard, eux aussi. Ce n’est pas non plus la colère de la vieille dame près de moi qui m’importe: elle peut toujours râler comme elle veut, elle finira simplement par attendre ce putain de bus qui fait son escargot. Ce n’est même pas cette affiche politique-là, placardée là-bas en face de moi et dont j’apprendrai des semaines plus tard le caractère détestable que beaucoup lui trouvent, qui m’importe. Non. Même pas mes chaussures Louboutin rouges que je m’étais fièrement achetées à l’époque où tout allait bien. Ce qui me préoccupe le plus en ce moment-ci, ce sont ces deux Mbánjok que je trimballe avec moi! Deux gros sacs d’au moins trente kilos chacun. Ce qu’il y a dedans? De la bouffe! Eh oui! De la bouffe et rien que ça. Qui vient tout droit du Bantouland.» (Max Lobe, _La Trinité bantoue_, Genève, Zoé, 2014)