La Légende du merle

Von: Jean-Pierre Rochat

Schriftsteller und Bauer: unter dieser doppelten Identität hat sich der Autor von L’Ecrivain suisse allemand (2012, Melken mit Stil, übersetzt von Yla von Dach, die brotsuppe, 2014) und Petite Brume (Editions d’autre part, 2017, Nebelstreif, übersetzt von Yla von Dach, die brotsuppe, 2019) von Anfang an einen Namen gemacht. Seine beiden neuesten Bücher, Roman de gares (Editions d’autre part, 2020) und La Légende du merle (Editions d’en bas, 2021) zeugen von einer schwierigen Wende in seinem Leben: Im Rentenalter musste er gegen seinen Willen auf Landbau und Viehzucht verzichten und seinen Hof abgeben. Der ehemalige Bauer wird zum Städter. Was ihm bleibt, sind das Schreiben und die Geschichten – damit erfindet er sich eine Existenz aus Fleisch und Papier. (ald Übers. rg)

« Le plaisir de vous recevoir dans l’unique de chacun de nous, dans les nuits ou même en plein jour. » *La Légende du merle* est un roman diariste, intimiste, porté par le chant d’un merle du premier printemps de février au coeur de l’été, à la moitié d’août où l’oiseau s’est tu.Dans la félicité du paysan retraité, aujourd’hui confiné, l’écrivain prend des notes, les réécrit quinze fois, évoque tour à tour avec mélancolie l’absence de ses petits-enfants, puis avec sensualité les femmes de sa vie. Les carnets de l’écrivain-paysan se lisent d’une traite comme un long poème qui vient interroger son processus d’écriture : « (...) il y avait les prés si appréciés, si vivants, si percutants, comment les ramener sur la page blanche, étaler les surfaces, la mue des surfaces en images satellites, je commence les foins ici (...) » Au fil de cette « rétrospective anarchique » il ne se trouve pas plus malin, mais ça le rend heureux, il est rempli de paysages locaux, on le dit écrivain régional, « le merle n’est pas un oiseau migrateur, il a ses limites ». Jean-Pierre Rochat affectionne la forme brève teintée d’oralité. Sa prose, malicieusement créative, âpre et charnelle offre un souffle unique à des personnages qui ont fait le choix du vivant. Non sans lucidité et sarcasme, l’oeuvre généreuse de l’écrivain embrasse avec bienveillance les difficultés de la réalité paysanne contemporaine et en désamorce la déliquescence en un bouleversant hymne à la terre. (Editions d'en bas)