La Distance de fuite

Von: Catherine Safonoff

In ihrem neuen Roman bleibt die Genfer Autorin Catherine Safonoff dem autobiografischen Schreiben treu und kommt auf verschiedene Episoden zurück, die sie in früheren Büchern erzählte. Formal nimmt sie den Faden von Le Mineur et le canari (Der Bergmann und der Kanarienvogel) wieder auf, und setzt so ihr berührendes Werk fort. Wieder folgen wir der Erzählerin, die im Rhythmus der Pflanzen in ihrem Garten lebt, in einen schlichten Alltag aus Besuchen, Schreiben, Lesen. Manchmal treten unerwartete Ereignisse ein, auf die sie sofort mit überraschenden Verteidigungsstrategien reagiert. Die Privatsphäre ist ständig Aggressionen von aussen ausgesetzt, die es auf Distanz zu halten gilt – eben jene «Fluchtdistanz», jener Rückzugsraum, den scheue Tiere für sich beanspruchen und der bei Safonoff für die Lebens- und Schaffensform der Schriftstellerin steht. (ej, Übers. rg)

La Distance de fuite
L’expression _la distance de fuite_ vient de l’étude des animaux. Distance ici désigne l’espace protecteur que veille à garder autour de lui l’animal dont la seule défense est la vitesse de sa course. L’expression m’a frappée comme image poétique touchant également les rapports humains : eux aussi sont faits de distance relative, de recherche du meilleur lien possible, proche ou lointain. Ce livre ne fait pas tant l’éloge de la fuite que du refuge qui l’oriente: les cabanes de l’enfance, un jardin, le bord d’un lac, un regard ami, une chambre à soi, la lecture. Le titre n’est donc pas de mon invention. Il m’a paru traduire la double idée de fuite et de refuge. Si l’écriture a quelque chose d’un mouvement de fuite, en même temps elle cherche à rejoindre ce lieu d’intime hospitalité, un livre : écrite, la distance deviendra peut-être lien. (Présentation du livre, Zoé)