Jours fastes

Von: S. Corinna Bille, Maurice Chappaz

Der Briefwechsel zwischen Corinna Bille und Maurice Chappaz feiert seit seinem Erscheinen einen Riesenerfolg. Er ist lang und reichhaltig, ein nie dagewesener Roman über eine Liebe, ein Paar, eine Familie mit drei Kindern, die Geburt zweier grosser Schweizer Autoren in der zweiten Hälfte des zwanzigsten Jahrhunderts. Welch ein Lesegenuss! Trotz ihrer Ablehnung der Gesellschaft sind die beiden ihr verhaftet, porträtieren sie aus der Distanz, beziehen aber dezidiert Stellung, klar, bisweilen anfechtbar, aber immer überzeugt. Verliebt, auf der begeisterten Suche nach Schönheit und Wahrheit der Orte und der Gefühle, stellen sie Fragen und suchen nach Antworten, die unversehrt bei uns ankommen und in uns weiterklingen. (fd, Übers. rg)

Jours fastes

Édition établie et annotée par Pierre-François Mettan, avec la collaboration de Céline Cerny, Fabrice Filliez, Marie-Laure König, sous la direction de Jérôme Meizoz

Cette correspondance est un document d’histoire littéraire de premier plan. Il fournit d’une part de précieuses informations sur la vie des années 1940 à 1975 en Suisse romande, et suscite d’autre part réflexion en matière de littérature, notamment sur le lien entre cette « province française qui n’en est pas une » (Ramuz) et ce qui se joue à Paris. Il soulève enfin des questions culturelles à plus large échelle, d’ordre économique et social. Nous avons là ce que les historiens appellent des « archives de la vie privée ». Apprenant par exemple le choix de Corinna Bille de vivre seule, en 1944, à Lausanne pour la naissance du premier enfant alors qu’elle est toujours mariée ailleurs, le lecteur découvre comment une femme démunie peut rester coquette et suivre les conférences savantes de Charles Albert Cingria sur la musique médiévale ; puis, mère au foyer de trois enfants en Valais, région de tradition très catholique, comment elle parvient à se ménager une fenêtre dans sa journée pour écrire. Les différends entre les deux époux au sujet de l’alimentation et de l’éducation sont d’autres éléments aussi passionnants. Elle, Corinna, rêve d’une « chambre à soi » (selon l’expression de Virginia Woolf) mais aussi de voyages lointains. Lui, Maurice, toujours sur la route, passe de périodes de grande vitalité à des moments d’abattement et de mélancolie. La lettre devient une méditation qui lui permet de s’expliquer. Ce qui frappe, c’est la continuité et la longévité dans l’attachement. A l’interface de la vie privée et publique, le genre de la correspondance se lit autant comme un documentaire que comme une fiction romanesque, en tout cas pour ce qui est de cette exceptionnelle saga conjugale. (Présentation du livre, Zoé)