Jouer dans le noir

Von: Gilles F. Jobin

Die Gedichtbände von Thérèse Houyoux, Claude Tabarini et Gilles F. Jobin verbindet ein schlichter, präziser Stil.
Die Erfahrung einer schweren Krankheit bis hin zum Tod bestimmt La petite moureuse («Die kleine Sterberin») von Thérèse Houyoux – ein selten ehrliches Buch, zwischen Tagebuchnotizen und poetischen Fragmenten von frappierender Einfachheit.
Claude Tabarini stellt wie schon oft in La Lyre du jour («Die Lyra des Tages») feinfühlige Momentaufnahmen vor, kleine symbolische Landschaften, nur gerade hingetupft, mit starker Aussagekraft. Haikus, kurze, dichte Texte, bescheidene und zugleich überhöhte Alltagsmomente zeichnen sich ab, fröhlich und wehmütig.
Düsterere Texte enthält Jouer dans le noir («Im Dunkeln spielen») von Gilles F. Jobin, geprägt von einer zurückhaltenden Verzweiflung. Der Dichter erzählt zarte Geschichten von etwas verlorenen, ungeschickten Wesen. Die Erzählung verdichtet sich zu poetischer Prosa, nüchtern, wirksam und berührend.
Nichts ist in diesen drei Bände überflüssig, nichts stört, nirgends. Und paradoxerweise durchzieht sie untergründig eine innige Liebe zum Leben. Ein festes Vertrauen in die Wörter lässt den drei Dichtern, was auch immer passieren mag, die Stimme nicht versagen. (fd, Übers. rg)

Jouer dans le noir

73 textes courts, couverture de Léo Rebetez

Des textes courts, un par page, de mille signes environ. Fictions plutôt que proses poétiques. L’intrigue de ces romans brefs n’a pas de cailloux blancs. Est-on dans un voyage ou un cauchemar? Un fait divers, une scène de rue ou de théâtre? Dans une nouvelle de Jean Rhys? Vous croyez lire un rêve obscur et vous vous retrouvez dans les rouges et ors d’une bataille peinte au Quattrocento. Chaque histoire a sa voix, son registre singulier. Sous la langue les sons s’entrechoquent. Les mots dessinent de frémissantes images. Un fil se casse, un autre nous emberlificote, nous entraîne dans un jeu de contraintes subtiles. Glissements de sens, ellipses, raccourcis, la surface ouvragée résiste. Reflets, remous, réfractions, l’auteur veut qu’elle gagne en illisibilité ! S’il parvient à brouiller l’eau du texte, c’est pour mieux nous jeter dans le trouble. La beauté joueuse de son écriture laissera des traces, l’énigme restera ouverte: N’oublie pas, je me souviens, ne tombe pas, j’écrirai, ne te retourne pas. A la fin du film le roi s’était noyé. (Claire Krähenbühl, Editions Samizdat)

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