Inachevée, vivante

Von: Pierrine Poget

Inachevée, vivante ist ein Glasfenster-Buch – zusammengesetzt aus tausend farbigen Splittern. Seine Wortbilder vibrieren und rauschen in unseren Ohren.
Ein Haus am Meer, das «Gebiet einer Frau» in Briance – seine Gerüche, die Fotografien und Briefe, die dort wiedergefunden werden, die «harten Blumen» im trockenen Garten.
Bilder von Corot, Vuillard, Berthe Morisot, bis hin zu Textil-Installationen von Heidi Bucher, die Landschaften, Häute und Leiber ins Helle werfen, «dem Tageslicht und dem Flimmern der Luft zurückgeben».
Ein Frauenkörper, gepackt von egoistischen Armen, vergewaltigt, betäubt, versöhnt, verblüfft, erschöpft, verschenkt und sich selbst zurückgegeben.
Dies einige schwebende Fragmente, verstreute Bestandteile dieses unmöglich einzuordnenden Buchs, das auf den Lippen den Geschmack seines Titels hinterlässt: derjenige des Unvollendeten, Lebendigen. (ab Übers. rg)

> Par affection et par loi, par habitude, mon foyer me retient, parfois comme un lierre, parfois aussi avec de la douceur, jusqu’à ce qu’un soir, roulant fenêtres ouvertes dans le printemps, seule, je sente se coucher sur moi, dans le reflet de tous les arbres, le désir de te connaître sans réserve. Je m’arrête, je sors de voiture. Inachevée, vivante, déchirée de t’aimer, je franchis cette ligne. Inachevée dans son rapport à soi, mais vivante : Pierrine Poget peint les bouleversements tragiques et merveilleux d’une vie. La narratrice conte à la suite le corps abusé, soumis à la violence, et la reconstruction, dans les souvenirs lumineux de l’enfance ou dans l’abandon au «mystère plus grand que soi» de la maternité. De la douceur de ce monde clos naît la torpeur, rompue par l’amour neuf. Comme elle lutte pour construire un chemin vers elle-même, ce sont les œuvres de Jean-Baptiste Camille Corot, Édouard Vuillard, Berthe Morisot et Heidi Bucher qui dessillent tour à tour son regard sur ces périodes charnières. Alors, elle ose bousculer les équilibres patiemment cristallisés, devenir tout à la fois femme, mère et écrivaine. Pierrine Poget puise dans sa vulnérabilité la force vitale de ce récit servi par une langue sublime. (La Baconnière)