FH

Von: Laurent Cennamo

Der Genfer Laurent Cennamo stellt in FH drei so zarte Gedichtzyklen vor, dass es schwierig scheint, davon zu sprechen, ohne sie zu beschädigen. Das Wort «Diaphan» drängt sich auf, um diese Dichtung zu beschreiben. Ohne der Grausamkeit unserer bedrohten und beschränkten Leben aus dem Weg zu gehen, macht sie sich so durchscheinend, dass sie die Welt in ihrer ganzen Pracht spüren lässt.  Sie erfindet ein lauteres Glück, umhüllt mit «Staub, der eine leichte Distanz zwischen dem Zuschauer und der Mauer legt, die gleichzeitig eine Einladung, einzutreten, einzudringen scheint». Zwischen Schmerz und Freude ergreift den Leser eine Art leuchtende Endlichkeit, so dass er ebenfalls ruhig und gewiss feststellt: «Die einzige Art, sich mit der Sonne, dieser runden Trockenheit, zu vereinen: auch ich werde Wärme». (fd, Übers. rg)

FH

suivi de À un joueur du FC Bâle et de La neige au-dessus des mots

De la poésie de Laurent Cennamo, le critique Jean-Paul Gavard Perret disait en 2014: «Elle crée des émotions lancinantes voire une forme de sidération par les interrogations qu’elle suscite». Avec _FH_, Laurent Cennamo continue donc de nous sidérer: «La pelle mécanique FH (Fiat et Hitachi), sache – écrit-il – que c’est le poème qu’elle creuse, la nuit transparente du poème». Nous voici donc prévenus. Guettons d’autres présences sous la pelle «immobile cachée derrière les rideaux du temps» (orange?) et laissons-nous désarçonner par ce vif «joueur du FC Bâle» à qui est dédiée la seconde partie du recueil. Avant de découvrir dans _La neige au-dessus des mots_ une ardente méditation sur la poésie où «la ligne du Petit Salève» dialogue avec les fresques de Giotto. Jusqu’à cette affirmation qui touche en plein cœur tout lecteur passionné: «Le livre ne devra être rien d’autre que le fragile récipient où l’on brise les mots avec amour, patience, à l’image de ces petits bols en terre cuite dans lesquels le peintre ancien écrase les pigments…» (Présentation du livre, Denise Mützenberg, Samizdat)