«Partout il faut lire» dit Muriel Pic, mais si la vérité est toujours en ruines», alors c’est dans ses traces qu’il faut s’aventurer. Ce qui est visé, à partir de ces traces, c’est un art documentaire, une «expérience lyrique, atmosphérique, élémentaire». La liberté est prise d’une fiction qui s’en va à partir de restes et de poussières. L’archive devient le matériau du poème, mais «il n’est pas d’art documentaire sans chant de deuil». Ce chant se déploie en trois parties: un montage qui conduit de l’utopie totalitaire – le centre de vacances nazi de l’île de Rügen – à l’utopie manquée d’un rêve mellifère en Palestine, puis à l’utopie anéantie d’une organisation spatiale entée sur les étoiles chez les Indiens de la Plaine. À chaque fois c’est «l’œil vivant du passé» qui nous regarde, consumant l’avenir.
(Présentation du recueil,
Éditions Macula)