Des jours meilleurs

Von: Marie Houriet

Die Finanzkrise von 2008 und der damit verbundene Schock bilden den Auftakt zu Marie Houriets drittem Roman. Die Autorin rechnet mit den Genfer Finanzhaien ab und versöhnt einen Vater und seine Tochter, zwei Generationen, die sich nicht mehr verstanden haben. Geschickt konstruiert sie die polyphone Architektur ihrer Geschichte, indem sie verschiedene Zeiten und Stimmen der erzählenden Personen miteinander verflicht. Der schillernde Text voller kluger Beobachtungen beruft sich auf die befreiende Kraft der Literatur: Sie erlaubt es, sich an der Geschichte zu rächen, «Feuer an den Brand zu legen». (lt, Übers. rg)

*Où est le père qui m’emmenait, juchée sur ses épaules? Mes cuisses ont en mémoire la douceur des boucles de cheveux qu’elles encerclaient; mes mollets, la vigueur des mains qui m’arrimaient tandis que je tendais les doigts pour toucher les nuages. La première manif dont je me rappelle est en faveur du droit à l’avortement. La place Neuve est noire de monde, Papa et Maman, ravis. Ma soeur Juliette et d’autres gamins se disputent les banderoles. Combien y en a-t-il eu, de ces chevauchées à travers Genève, entourées de slogans? Les Rues Basses étaient notre Croisette, Juliette et moi, les princesses du palais Pitoëff.* Le temps a lézardé la complicité qui liait Raphaëlle et son père. Celui-ci ne reconnaît plus la fille qu’il a élevée dans l’esprit des années septante. Raphaëlle n’a-t-elle rien gardé de l’utopie qui l’a vue grandir? Comme un révélateur, la crise financière de 2008 mettra à nu les conflits larvés – mais aussi la force de la filiation. (Présentation du livre, éditions de l'Aire)

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