Voici le tram et ses rencontres fortuites, le hall de gare et sa « messagère ange / au fauteuil roulant », les quais et les trains qui arrivent et qui partent… Autant de lieux de passage chers à Markus Hediger et que nous retrouvons dans son nouveau recueil de « romésie » *Dans le cendrier du temps*, à côté des figures emblématiques de l’enfance comme la grand-mère, l’arrière-grand-tante Rosa reléguée à l’asile, la voisine presque centenaire, Fräulein Lüscher, « de noir vêtue et gantée / de fil » qui passe dans la rue un après-midi d’été. Voici les stylos à plume noirs qui attendent leur tour, le cahier à carreaux, « autant / de vitres qui me regardent », où vers après vers se sédimentent, voici un café à Istanbul, où zigzaguent les serveurs et où l’acte d’écrire est mis en scène et en œuvre. Voici, enfin, une suite de vingt *tanka*, truffée d’auto-ironie et d’humour, qui retrace la journée du « Vieil au sureau dormant », ses va-et-vient dans l’appartement, ses soliloques, ses dialogues imaginés, ses souvenirs, ses fantasmes :
> XXIV
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> Que dit le parquet ?
> Il crisse, aboie ou rouspète
> sous ses pas posés.
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> Plus loin, le seuil des bois geint
> sa question, toujours la même.
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