Concertino pour grenouilles

Von: Giovanni Orelli, Übersetzung: Jeanclaude Berger

Concertino pour grenouilles
Il y a deux sortes de grenouilles, selon le Philologus, que cite le romancier et poète tessinois Giovanni Orelli en exergue à son _Concertino per rane_ (Casagrande, 1990). Les terrestres et les aquatiques. Les premières supportent la chaleur du soleil mais aux pluies violentes : elles résistent aux tentations mais n'en sont pas moins persécutées pour leur vertu, et meurent. Tout à l'inverse, à peine effleurées par le moindre rayon de chaleur, les aquatiques succombent à la tentation et aussitôt se replongent dans " la volupté des appétits sensuels ". Mais enfin, une grenouille est une grenouille, conclut Orelli dans le dernier mouvement du Concertino, où il dresse une stèle funéraire à la mémoire de la première grenouille que l'enfant qu'il a été tua. Les hommes sont un peu comme les grenouilles du Philologus, aquatiques ou terrestres, aquatiques et terrestres, tour à tour bourreaux et victimes, emportées, jusqu'à la catastrophe finale qui carbonisera toutes les grenouilles, par un monde dominé par la cruauté, et que Orelli, soucieux de la musicalité des mots, illustre en s'inspirant de souvenirs, de faits divers, de petits moments vécus, de raccourcis autobiographiques, dans la meilleure tradition tessinoise, et parfois avec cette verve ludique et ironique qu'on lui connaît.

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