Ce livre est né de la rencontre d’une jumelle avec une éditrice qui l’est aussi. Oui, je crois que je peux le dire ainsi.
Les éditrices sont des sages-femmes.
Pendant des années Anne Burger m’a envoyé des manuscrits. Ecrire, c’est chez elle une faim, un besoin vital :
« … jour après jour (…) je remplissais des pages et des pages de nature et de ciels ».
Les nouvelles et les poèmes, proposés à un éditeur français, sont devenus trois livres plus épais, plus beaux peut-être, plus lisses que celui-ci.
Mais c’est autre chose que je sentais bouger dans le ventre d’Anne Burger. C’est autre chose que je voulais pour nous, les éditrices jumelles.
Comment cela s’est-il passé ?
Un texte avant-coureur a-t-il surgi un jour au milieu de la célébration des saisons et des éléments, du bruissement des arbres et des secrets dérobés aux galets de la grève ?
J’ai osé risquer le mot « gémellité ». Une commande ? Presque. Au début de l’année les poèmes sont arrivés.
Drus. Crus. Heurtés. Tendres et brûlants. Singuliers.
Et j’ai reconnu l’enfant que j’avais pressenti. Si familier déjà. Les éditrices sont des sages-femmes.
(Présentation du livre, Denise Mützenberg,
Samizdat)