Bonsaï

Von: Baptiste Gaillard

Baptiste Gaillards fünftes Buch Bonsaï vereint in seinem Wesen einen Sinn für die fein gemeisselte, präzise Form und die Darstellung einer wild wuchernden, organischen Materie. Indem der Dichter den Vers auf originelle Art «zuschneidet» (und damit natürlich an die ornamentale Praxis des Bonsaï erinnert) schafft er es, die beiden Seiten seiner Inspiration in Einklang zu bringen: seine fast barocke Faszination für das Randvolle, ja Überbordende, und seine Vorliebe für die kontrollierte, kanalisierte Gestaltung verschmelzen in einer Art «dinglichem Traum». (lc, Übers. rg)

« Qu’un rivage soit mimé par des ridules, et l’immensité de la mer par du lisse. Une complexité dans certaines peintures, où des aires sont planes, séparées par des flétrissures. Plusieurs matières mettent un autre temps à sécher, entre elles se rétractent. La frontière entre différentes peaux différemment froissées. Il s’agit d’un seul tableau.» L'écriture peut se concevoir comme un ensemble en expansion, grandissant en son centre par associations, fonctionnant selon une logique de déploiement, de variations et de déclinaisons, à la manière d'une tapisserie. *Bonsaï* trouve au contraire son origine dans le traitement de scories et de bribes, écartées de précédents textes au moment où s'en est dessinée l'unité. À partir de tels éléments, l'écriture s'amorce de manière plus succincte et modeste. Elle s'attache à l'abstention, à l'interruption, à la ligature, tout en gardant quelque chose de l'ordre du suintement. Un guide de vulgarisation sur les bonsaïs, avec ses illustrations de petits arbres évoquant de courts textes, introduit l'idée d'une proximité entre cette pratique ornementale et l'écriture en général, mais le bonsaï est surtout devenu ici une forme poétique inventée pour soutenir ce travail des restes en arabesques. Dans un même livre, il y a alors le texte lui-même, le corps du texte, et il y a une bande passante où se trouvent des emprunts à un autre texte, auxquels vont pouvoir s'adosser les premiers, comme à des titres, des tuteurs. Ces deux textes cohabitent cependant d'une manière circonstancielle. *Bonsaï* met en œuvre une certaine aptitude à la non-coïncidence, à l'inajustement. (Présentation du livre, Hippocampe éditions)