« Je me demande : pourquoi est-elle revenue interrompre ma solitude ? Fouiller dans les tiroirs de la vieille commode, relire, dans les lettres que j'ai conservées jalousement, les années que j'ai vécues en étranger, enfermé dans cet appartement au plafond bas, à attendre. Attendre quoi ? Qu'elle revienne ? Ou bien que moi, je retourne dans mon pays ? Ou bien, plus simplement, attendre que l'attente consume mon temps ? » Quelque part au Tessin, qu'il n'a plus quitté depuis qu'il a pris la route, contre la volonté de sa femme, pour enterrer leur fils unique dans sa Sicile natale, un homme se meurt seul dans un appartement. Entre le village sicilien brûlant de soleil et de lumière, pétrifié dans une vie archaïque, et la bourgade tessinoise, immatérielle sous les neiges hivernales, un homme et une femme, après s'être aimés passionnément, ont vu leur désir s'éteindre sans un mot. Dans ce roman familial, deux voix se superposent sans jamais se rencontrer : celle de l'immigré sicilien qui recompose sa vie et écoute sa femme dans la chambre voisine, ressurgie après des années d'absence; celle de la femme, toujours discrète, presque inaudible. A la mort du couple, elle s'est enfuie de son Tessin natal pour se perdre dans une indifférence glacée. Entre ces deux voix s'interposent les lettres lénifiantes et rassurantes qu'en fils dévoué l'homme a écrites au cours des ans à ses parents restés au pays.
(Quatrième de couverture)