Affranchissements

Von: Muriel Pic

Archivarbeit und Kombination von Text und Bild, die sich das Recht herausnimmt, subjektiv damit umzugehen, in einem literarischen Genre, das wissenschaftliche Forschung, philosophische Fragen und Träumerei verbindet – diese Herausforderung meistert Muriel Pic in ihrem Werk bravourös. In rhizomatischer Struktur erzählt ihr jüngst erschienenes Buch Affranchissements ausgehend von einer wiedergefundenen Briefmarkensammlung das Leben des buckligen Onkels Jim, der als Gärtner in London arbeitete. Aus dieser Erzählung in Prosa und in Versen, deren zahlreiche Themen von der Geschichte über die Lichttherapie und das Geld bis zur Botanik reichen, spricht ein intensiver Freiheitsdrang. (cg, Übers. rg)

Tout part du grand-oncle de la narratrice, Jim, né en 1923, mort en 2001. De Londres où il vivait, il envoyait régulièrement à sa petite-nièce des timbres pour sa collection, alors même qu’elle l’avait un peu délaissée. Il lui adressa en particulier, à la fin de sa vie, une série de timbres liée au millénaire. Lorsqu’elle la retrouve, une constellation de dates et des fragments de la vie de Jim surgissent, de son enfance à Menton jusqu’à la ruine de l’Hôtel Bellevue vers 1938. Ce grand-oncle était bossu, atteint du mal de Pott, forme de tuberculose. Et le bossu, dit-on, porte chance, il apporte l’argent. On croise ici William Carlos Williams, Stéphane Mallarmé, le docteur Voronoff, un photographe zurichois, des billets de banque, et on revient, comme on suit un fil rouge, à ce grand-oncle Jim, devenu jardinier, expert en botanique, passionné de plantes (et de femmes). Il y a des images, des archives personnelles, familiales. Il y a des poèmes, dont certains en anglais. Muriel Pic propose un livre-errance qui interroge la soif de liberté, la soif de désir, et la possibilité de s’affranchir. Bref, la littérature comme une affaire de curiosité et de rêverie. (Présentation du livre, Editions du Seuil)