«C'est bien ici que je vis»

Von: Francine Clavien

«C'est bien ici que je vis»
Traduits sur le mode propre du poème, les récits et les événements qui constituent un destin prennent la forme d'un parcours scandé et mesuré par une série de maisons. Le recueil les présente successivement, mais il convient de les apprécier d'un seul regard, comme autant d'attitudes existentielles. La première, Griboïedov (c'est la maison des écrivains évoquée par Boulgakov dans _Le Maître et Marguerite_), interroge le pouvoir du mot: que permet, «que lave la littérature?» Sous sa réponse la plus confiante, l'habitation devient «séjour créateur», bordé à la fois d'intimité et de souvenirs: «Et l'espoir, toujours l'espoir / de revenir au coeur, / de faire marcher / les mémoires». Bien que la maison chargée d'histoire atteste aussi des heures les plus dures («la haine des frères», «la guerre des pères»...), elle invite à l'acceptation sereine en se donnant comme demeure: «C'est bien ici que je vis», Faut-il préciser que cet abri n'est pas un repli mais le lieu où le bruit du monde se convertit en parole? _Noël Cordonier_

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